19. avr., 2019

ASSISTER A UNE DÉDICACE, PARTAGER UNE TRANCHE DE VIE

Je n'avais jamais eu l'occasion jusqu'alors d'assister à une séance de dédicaces d’un écrivain, d’un auteur. Par manque de temps, trop de monde avec des files d’attentes. Je m’interrogeais sur ce que je pourrais bien dire d’intelligible lors de la rencontre ? En dehors de banalité du style :

« Que je suis fan !!! Que j'ai lu tous ses livres. »

Et si jamais il me posait des questions en retour sur mon livre ou mon passage préféré ? 

Mais, un jour, j'ai sauté le pas en me rendant un samedi à Nation à Paris à la boutique de bandes dessinées BD Net où j'ai fait la rencontre du dessinateur Erwan Terrier pour la sortie de son premier opus. Je ne connaissais nullement cet auteur et c’était un prétexte pour essayer puis prendre le temps de flâner dans les linéaires.

Tout en parlant avec lui de nos univers BD respectifs — moi "Trompette" et "Bob Morane" pour mes premières BD à l’âge de 10 ans — il a croqué au dos de la couverture son héros et je l'ai grandement remercié en lui souhaitant tous mes encouragements pour la suite des "stupéfiantes aventures de Viny K".

Je me suis dit alors que je pourrais partager cette expérience avec celles des uns ou des autres sur le site de Lecteurs.com sous forme de bons souvenirs de dédicaces à relater, avec de petits ou de grands auteurs, dans des lieux très variés, librairie de quartier, bibliothèque, maison des jeunes, congrès ou salon du livres...

J’ai très vite découvert comme trait commun la difficulté qu'il pouvait y avoir à se présenter à une séance de dédicaces : le trac, la peur de ne pas être à la hauteur, de dire quelque chose de "spirituel" sans bafouiller, de se faire discret ou patient parce que la file d'attente est longue... 

À la suite de la lecture de Douglas Kennedy dans "cet instant-là", je me disais combien l'auteur faisait un voyage extraordinaire en solitaire pendant le temps de composition du roman, enfermé dans son histoire, ses notes, ses carnets, ses recherches, ses observations. Il devait sans doute se tenir à l’écart de son entourage, devenant inaccessible voire désagréable. Puis quelques mois plus tard, le livre paraissait en librairie et avec lui l’espoir que le succès soit au rendez-vous, l'auteur se rendait alors disponible, à l'écoute, ouvert, prêt à partager sa longue immersion enfin avec ses futurs lecteurs... 

Alors qu'en est-il ? 

J'ai eu l'occasion de croiser Hubert Reeves lors de conférences scientifiques ouvertes au public qu’il a données dans des salles municipales de la ville de Paris, notamment à la mairie du 3ème arrondissement près du square du Temple. Une très belle conférence sur l'univers et notre lien avec lui comme dans ce titre évocateur « Poussières d'étoiles » (1). Avec force de diapositives, une façon bien à lui de s'exprimer tout en roulant les mots dans sa bouche avec cet accent québécois, une douceur imperturbable et une fraîcheur malgré un âge supposé avancé. Il a répondu aux nombreuses questions puis il s’est déplacé dans une autre pièce pour partager un verre de l'amitié. En observant cet homme, j’ai pu apprécier le regard lumineux et empathique que cet astrophysicien porte sur le monde.

Pa la suite, au fil de la discussion ouverte sur Lecteurs.com, j’ai partagé les ressentis de plusieurs lecteurs. Les auteurs, les écrivains se doivent de développer cette faculté, cette aisance à s’immiscer dans la vie des gens, même inconnus d’eux, en cela rendus ainsi à l'aise par les histoires qui les inspirent et qui les placent dans une connaissance de matière humaine. Cela leur donne un « moyen » de communiquer avec les fans et les lecteurs ou alors pour d'autres, une certaine réserve ou retenue en ménageant une sorte de pudeur. 

Je suis régulièrement des émissions littéraires et je voyage sur les réseaux sociaux. 

Les invités qui viennent participer ont tous une individualité bien marquée. Et donc la façon de les aborder sera forcément différente bien qu’il ne faille pas généraliser.  Alors, par analogie j'ai trouvé plusieurs possibilités pour participer à des séances de dédicaces. En dehors des salons, en dehors de librairies, en dehors des plateaux, des conférences. Car aujourd’hui, les opportunités sont nombreuses et partant de là, l’accès à des auteurs inconnus de nous jusqu’alors comme une sorte de « voyage en terre inconnue ».

Aujourd’hui les réseaux sociaux offrent un terrain de prédilection pour découvrir des auteurs mais aussi des lieux où pouvoir les apprécier. Sur « Facebook », où le terme « ami » peut sembler galvaudé et en soi immatériel, je me suis constitué un réseau de 200 amis et non des moindres : libraires, éditeurs, journalistes, médiathèques et bibliothèques. J’ai reçu très vite des invitations pour la Belgique, les quatre coins de notre France mais aussi du Canada.

J’ai installé ma table sur « Google + » où je ne manque pas de plébisciter les livres et les auteurs. Et là, on peut joindre le monde entier. J’ai particulièrement apprécié ce site, qui vient de fermer pour le partage de photos vraisemblablement en raison de la concurrence d’application comme Instagram ont.

Autres phénomènes liés à la rencontre de ces sources Internet d’informations, l’accès à une information délivrée régulièrement par le biais d’abonnements et des newsletters. Les contenus permettent de connaître les prochaines séances dédicaces comme à la librairie "Antre-Monde", les boutiques BD de "BDNet" à Nation ou Bastille...

Par rebond si je puis dire, j’ai découvert de nouveaux éditeurs comme les "Editions du Riez"...

J’ai pu apprécier le phénomène des blogs littéraires qui servent de miroir ou de révélateur des goûts de lecture et proposent des rencontres d’auteurs : "Réclusiam", "Sunniva19"...

Quelques jeunes auteur(e)s sont accessibles dans des salons de province comme Céline Guillaume (Fantastique) et Céline Lamour-Crochet (thématique du conte pour enfants avec la complicité de formidables dessinateurs).

J’ai pu avoir ainsi la dédicace aux "Editions du Riez" dans la collection "Brumes étranges", de l'auteure Virginia Schilli qui m'envoya ses "amitiés" en première page de son "Food for Maggots", accompagné d'un flyer très original avec une autre dédicace "un grand merci pour votre commande, je vous souhaite une très bonne lecture". Cela peut paraître juste commercial, cela fait tout de même plaisir. De la même auteure, je vous conseillerais en deux tomes "Par le sang du démon" et « délivrez-nous du mal ».

J'ai pu rencontrer Céline Guillaume en pleine fête médiévale le temps d’un weekend. En costume du Moyen-Age, elle tenait un stand au pied du château fort de Passy-les-Tours dans la Nièvre. D'une extrême gentillesse, très douce et touchante, j'ai vraiment apprécié ce moment privilégié avec cette auteure dont je vous conseille les ouvrages dont le dernier "La Baronne des Monts-noirs".

Puis tout s’enchaîna avec une nouvelle dédicace qui arriva par La Poste juste avec le dernier livre de l'auteure Syven "la guerrière fantôme", mettant en scène une étudiante tout à fait banale qui la nuit se retrouve dans le monde d'Es avec un esprit guerrier qui lui permet d'affronter une armée, des sorciers, des dragons.

C’est sans doute ce que nous faisons dans nos rêves les plus fous ou les plus tourmentés. L'imaginaire n'a pas de limite. Je vous livre sa dédicace au dos d'un ex-libris correspondant à la couverture du livre : « Cher Jean-Michel, J'espère que vous vous plairez dans cet univers que j'ai voulu lumineux par l'Herrès, torturé par l'Ahr, mais avant tout porteur d'espoir. »

J’ai reçu également une dédicace d'Alexis LORENS, responsable de la maison des Editions du Riez (fermée depuis) accompagnée de son livre "Le long des sentiers obscurs" paru alors aux "Editions Nuit d'Avril" en 2006. 

Au salon du Livre

Rencontre improbable avec un poète aux multiples origines, Van Puyvelde Stephan avec "Poemas, troisièmes poétiques" aux éditions Novelas

Poursuite de rencontre avec un philosophe Ian Mansour de Grange français d'origine et résidant en Mauritanie qui publie "petite chronique d'autre regard" dans une édition très locale Editions 15/21 - Nouakchott.

Au salon Trolls et Légendes

Avec Céline Guillaume pour "Baronne des Monts noirs - Le Mystère du Chêne brûlé" dans l’action se situe dans une région proche de l'auteur.

A la librairie l'antre-monde

Rue du chemin vert à Paris 11, en compagnie des auteurs de "Steampunk, de vapeur et d'acier". Illustrateur de grande renommée, Didier Graffet m'a laissé une belle dédicace en image et personnalisée par l'écrivain et directeur de collection Xavier Mauméjean. Les dessins étaient grandioses et je vous conseille l’ouvrage.

 Dans la file d’attente

Les dédicaces sont souvent des moments intéressants et par nécessairement avec l'auteur mais tout simplement dans la file avec ceux qui attendent et qui si le cœur leur en dit partagent des souvenirs.

Dernière dédicace avec Bernard Werber (2) au salon du livre de Paris en 2015 avec en Poche, "la nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu" et un recueil de nouvelles ou histoires courtes "Paradis sur Mesure".

L'occasion d'évoquer avec l'auteur une présentation qu'il a faite à Deauville (3). Je vous invite à voir ce sujet de 40 minutes. Il est extrêmement intéressant et captivant en présentant la structure d'un livre que l'on souhaite écrire.

Participer à une dédicace pourrait faire l’objet d’une histoire courte "Grand moment de solitude en dédicace" sur un ton léger. Car pour ma part, je serai du genre à oublier les titres, les personnages et à arriver complètement vide dans ma pauvre tête en quête d'une idée lumineuse pour dire autre chose que " c'est pour Jean-Michel !!!".

Avec les dessinateurs, il faut drôlement assurer parce que la dédicace dure 10 bonnes minutes. Mais attendre dans la file peut prendre une à deux heures.

Une nouvelle séance chez Flammarion près de la BnF pour le dernier livre de Danielle THIERY "Tabous". Moment très agréable d'autant que l'invitation était personnelle n'ayant pu accéder à la Short-list de Babélio.

Beaucoup de questions et des réponses sans détour de l'auteure en échangeant sur la composition de ses personnages dont certains récurrents depuis 12 épisodes à présent en la personne de Edwige Marion, directrice de l'OCRVP de Paris et sa nouvelle et jeune recrue psycho-criminologue Alix de Clavery.

La fabrication dans le temps des personnages, les futures aventures possibles, l'influence des éléments naturels comme des personnages à part entière donnant une dramatique plus grande...

Également sur le métier de policier, la juxtaposition avec celui d'auteure, les femmes flics dans cette corporation encore très masculine.

Le sujet : Disparition d'une mère et d'un enfant dans la région bordelaise et la co-saisine de la PJ de Bordeaux. Un père introuvable d'origine iranienne. Nous voilà plongé dans la région landaise, terre de prédilection de l'auteure.

Un grand merci à Danielle THIERY de son amicale invitation et un clin d’œil sur le livre coécrit par Christophe Baroche et Danielle Thiéry sur la chronique Club des explorateurs pour "Le Souffleur" (4).

 

 

 

 

(1)       https://www.hubertreeves.info/documents/dcv4.pdf

(2)      http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Werber

(3)      https://youtu.be/XYp36AXtdgo

(4)      http://www.lecteurs.com/livre/le-souffleur-dans-lombre-des-negociateurs-du-raid/4140257